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Courir

Toute personne qui pratique la course à pied (pas le petit jogging du dimanche) de manière un peu intense rencontre un jour ce moment où l'on ne sent plus son corps, où l'on se perd (mentalement et géographiquement), où des idées remontent à la surface...Guillaume Le Blanc est coureur...et philosophe (il enseigne à l'université de Bordeaux). Alors il a cherché à comprendre et à expliquer. Il a ainsi écrit un ouvrage : Courir : Méditations métaphysiques (ed.Flammarion). Disons le tout de suite : "j'ai adoré".

Ce livre c'est un marathon, 42 chapitres et quelques pages. Un petit clin d'oeil de l'auteur  à la distance reine de la course à pied. Sa lecture m'a rappelé mon premier marathon (Le Médoc). Dans les premières pages, tu es plein d'enthousiasme, inconscient, tu ne sais pas trop ce qui va t'arriver.

Guillaume Leblanc t'explique pourquoi traiter de philosophie de la course à pied n'a jamais été fait -le philosophe est un marcheur- et pourquoi c'est possible et intéressant. Tu te laisses entrainer.

Puis au fil des chapitres, tu comprends que t'es parti pour de bon, que ça ne va pas être facile tout le temps.Tu te souviens que ton entraînement en philosophie n'a duré qu'un an et que c'était il y a plus de 20 ans.

Tu commences à regretter... Les concepts philosophiques s'enchaînent, se répondent, se complètent. Le gars Guillaume n'a pas de pitié, il déroule lui. Tu as voulu venir avec lui, l'écriture - comme la course à pied- c'est une démarche solitaire, alors tu t'accroches. Puis, de temps en temps, tu reprends ton souffle, ce que tu lis, tu l'as vécu lors d'une sortie longue, de fractionnés, pendant une course. Tu sais, ça te parle. Alors tu avances. 10ème, 20ème chapitre : rapport au corps, folie de mettre un pied devant l'autre, conscience, douleur (et non pas souffrance), résistance. 

C'est alors  que Guillaume Leblanc décide de te ravitailler, de te faire souffler. Il intègre des chapitres sur des personnages connus : Zatopek, Coe, Pérec. Cela te fait l'effet d'un verre d'eau, d'un peu de glucose, ton cerveau est soulagé. Alors tu peux finir ta course tranquillement. Passer la ligne d'arrivée en te disant. Je l'ai fait ! J'ai lu mon premier marathon. 

 

Tag(s) : #Uncategorized