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Publié par Benjamin R

Ah!  Satané Bitcoin qui agite toute la sphère économico-financière qui oscille à son sujet entre rejet, dénigrement et spéculation ou monstrueuses plus values. Mais le point commun de toutes les réflexions sur la "crypto-monnaie" c'est surtout une grande incompréhension et surtout une erreur majeure : appliquer les modèles de notre système financier et bancaire actuel sur un objet qui a été initié pour s'affranchir dudit système.

 

Comme de nombreux entrepreneurs du numérique, ceux dont l'aventure professionnelle est née en 1996 avec l'arrivée du Web commercial, je suis le développement de la Blockchain depuis ses débuts. C’est-à-dire, finalement très récemment.

 

Tout d'abord, la Blockchain en général et le Bitcoin en particulier sont des services récents (2009) utilisant des technologies de chiffrement plus anciennes. Mais surtout, le principe de la validation par blocs apporte une réponse au problème des Généraux Bizantins bien connu des informaticiens. Et ça, c'est génial !

 

 

Une histoire qu'il faut connaître pour comprendre ce phénomène. Vous trouverez ici toutes les ressources sur ce sujet en français.

 

On notera que l'ensemble des reproches que l'on faisait à Internet dans les années 2000, on les fait aujourd'hui au Bitcoin : lenteur, anonymat, criminalité, fraudes, pornographie, etc. Quand on voit aujourd'hui l'usage généralisé du web et la vision quasi anecdotique du Dark Web  (à tort d'ailleurs), on peut avoir pas mal d'espérance pour l'adoption de la Blockchain dans les années à venir.

 

Depuis que la "bulle" du Bitcoin est passée dans les médias grand public, on entend donc tout et surtout n'importe quoi sur le sujet. Comme l'explique très bien Ouriel Ohayon (serial entrepreneur du numérique) dans une longue note  traduite en français que je vous invite à lire, vous y trouverez de nombreuses réponses et surtout une réflexion sur la "valeur" du numérique avec une comparaison avec les noms de domaines en 3 lettres ou bien encore les différents protocoles.

 

"Voilà où la plupart des gens se trompent. Quand un nouveau paradigme arrive, c’est une erreur d’essayer d’appliquer les anciennes règles à un nouveau monde. Personne ne dit que le Bitcoin va remplacer votre chère monnaie-fiat. Ce qui est plus probable, c’est qu’une nouvelle catégorie de services et d’économie sera construite autour de du Bitcoin et qu’il en sera à l’origine." Dit-il.

 

En effet, dans l'économie  dans l'écosystème de la blockchain (Bitcoin ou autre), il existe plusieurs métiers et plusieurs utilisations qui ne sont absolument pas l'achat ou la vente d'un bien, d'un produit ou d'un service c’est-à-dire l'usage originel d'une monnaie quelle que soit sa forme.

 

Aujourd'hui, cet écosystème est temporairement en danger en raison de la spéculation. En effet, sur la blockchain toute action (création, stockage, vérification, validation, transaction) est rémunérée. Quelques millimes pour valider une information ou une transaction par exemple.  Facile de comprendre que les coûts suivent les cours.

 

La blockchain a été créée après 2008 aux Etats-Unis dans un contexte de chaos financier après la crise des subprimes. Le principe fondateur, c'est de retirer au "système" financier sa capacité de contrôler. Ce qui est fondamental dans cette technologie c'est la décentralisation du pouvoir. Les blocs, anonymes, inconnus, valident ensemble l'information. C'est une assurance  incroyable pour éviter toute manipulation : l'information sur la blockchain est garantie infalsifiable, inaltérable et pérenne.  C'est bien plus important, bien plus révolutionnaire que les actions spéculatives de quelques traders décérébrés. C'est d'ailleurs dans les pays les plus corrompus de la planète que les usages sont les plus développés : cadastre en Afrique ou en Amérique du Sud, identité, co-propriété, etc.

 

Alors vous me direz qu'avec nos bons sentiments de bisounours du numérique, on est quand même en train de se faire bien avoir par les spéculateurs aujourd'hui. Les transactions simples deviennent hors de prix, le cours du Bitcoin est incontrôlable. Et c'est donc là que l'on revient au problème du début de cette chronique : c'est une analyse qui repose sur une grille de lecture basée sur le système monétaire, financier et économique "normal". La blockchain naissante apportera des réponses, elle l'a déjà fait en se démultipliant par exemple (la méthode des forks).

Elle se remettra dans le bon sens !

 

ps : d'ailleurs, aujourd'hui 22 décembre, c'est en cours, le bitcoin est tombé sous les 10 000 euros.

 

 

 

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