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Je suis clairement dans la merde. Ils m'ont flingué mon espace d'écriture !

Au revoir mon cher TGV poussif qui n'arrivait jamais à relier Bordeaux à Paris en moins de 3h30 alors qu'il était annoncé en 3h08. (ça marche aussi dans l'autre sens). J'ai adoré cette période de travaux, ces sangliers qui franchissaient les clôtures pour jouer à saute-mouton avec le nez de la motrice.  Et même vous les pauvres bougres et bougresses qui ont voulu en terminer en vous faisant déchiqueter par une rame lancée à plus de 250 km/h je vous rends aujourd'hui hommage. Avec vous, on savait qu'on en avait pour 3 heures d'immobilisation. Oui, le temps que les pompiers, les policiers et même le Procureur de la République viennent faire leur travail ; qu'on remplace le cheminot qui t'a vu te planter devant son nez avec l'impossibilité de t'éviter. Une fois même, on a du remplacer un convoi en panne, c'était en gare de Vendôme -heureusement bien arrosée en 4G- 2 heures de retard soit 3 à 4 pages de plus.

 

Ces TGV étaient de belles cages de Faraday et donc la connexion via le mobile était bien difficile. Comme de nombreux habitués, je connaissais par cœur le timing (même avec les variations sanglières) d'arrivée dans la villes où enfin on pouvait avoir quelques minutes de 4G. Et j'ai en tête la carte des zones blanches (putain de trou entre Angoulême et Poitiers) durant lesquelles il n'était même pas besoin de tenter de se connecter au risque de bouffer sa batterie. Oui parce qu'évidemment, un train sur deux n'avait pas de prise et pour la moitié branchée, le courant était pour le moins alternatif notamment dans les zones de grande vitesse, comme si la locomotive avait besoin de prendre toute l'électricité disponible pour fonctionner à plein régime. En 15 ans d'aller-retour j'ai cramé 3 batteries d'ordinateur qui n'ont pas supporté les coupures brutales et les surtensions.

 

Aujourd'hui, pour la première fois, j'ai emprunté la nouvelle ligne, celle qui est annoncée pour 2h04 de trajet entre Bordeaux et Paris. Il y avait du jus, du Wifi qui marchait, un beau tableau d'affichage avec notre vitesse. Même le pilote nous a parlé. Dans les anciens TGV, ce n'était visiblement pas possible. On savait que la locomotive communiquait avec le chef de bord grâce aux 4 ou 5 BIP rapprochés. En général, juste après un freinage d'urgence. Ah oui parce que ça aussi, je savais les repérer. Le gros coup de "pédale" (je ne crois pas qu'on freine au pied dans un train) suivi d'un ralentissement rapide sur un ou deux kilomètres puis un arrêt : BIPBIPBIP/ "notre TGV est arrêté en pleine voie, merci de ne pas tenter d'ouvrir les portes". YES ! Deux heures de plus.

 

Le pilote nous a dit : nous sommes à 300 km/h et dans quelques instants à 320km/h. J'ai regardé l'écran sur lequel est affiché la vitesse. 305…puis puis le train a ralenti. Doucement. Jusqu'à s'arrêter dans une sorte de tunnel ou sous un pont. Le Wifi ne marchait plus, mon téléphone ne recevait pas de 4G. BIPBIPBIP. "Nous attendons l'autorisation de franchir un signal qui visiblement est défectueux."  J'ai pris une photo.

 

En cette première fois de TGV en 2h04, j'ai finalement mis 2h30 pour atteindre la capitale. J'ai pu écrire cette note pour mon blog. Merci la SNCF.