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J'étais hier sur le Port de Larros à Gujan-Mestras (Gironde - Bassin d'Arcachon), avec le CJD du Bassin d'Arcachon, pour visiter l'entreprise de Marc Druart et pour entendre le témoignage de cet ostréiculteur. J'avais connu ce personnage quand j'étais reporter pour RMC, c'était le Président de la Section Conchylicole de la région, comprendre le représentant des ostréiculteurs.

Un témoignage d'entrepreneur "indestructible".

source www.huitre-papillon.com

source www.huitre-papillon.com

Le plus impressionnant dans ce métier, c'est l'insécurité "juridique, réglementaire et climatique" dans laquelle évoluent ces "paysans de la mer". Evidemment, ils ne sont pas obligatoirement blanc/bleu...et quand il s'agit de survivre, dans le fond du bassin d'Arcachon, on sait s'arranger pour trouver des moyens de s'en sortir. (pas vu, pas pris).

Voila une activité où votre matière première "décède" brutalement en quinze jours...Et parfois, cela arrive pour votre produit transformé...après 3 ans d'élevage. Il se transforme en poussière au moment de la commercialisation. Imaginez aussi des autorités sanitaires qui vous interdisent toute commercialisation aux êtres humains parce qu'une souris n'a pas supporté l'injection d'un concentré de votre produit.

Enfin, retrouvez-vous face à un ministre de la République (Xavier Bertrand) qui vous accuse - à tort- d'avoir "tué" deux personnes âgées avec vos mollusques...

Marc Druart a connu pendant plusieurs décennies l'évolution de ce métier. Des crises énormes, des disparitions d'entreprises mais aussi des créations par des nouveaux arrivants sur le territoire.

Il a eu jusqu'à 100 employés. Il a vendu ses huîtres sur les plus grandes foires. Il a aussi connu de grandes difficultés. Mais à chaque fois, une idée, un business, une opportunité lui ont permis de survivre. Tout en conservant toujours son activité première, l'ostréiculture. Et sa vie sur le Bassin d'Arcachon.

Hier soir, il a avoué qu'à 60 ans, l'hiver dernier, il avait eu des difficultés pour remuer les tonnes de coquillages sur les parcs et que cette année il ne pourrait pas travailler autant sur sa plate. Ce que n'avaient pas jamais pu obtenir les crises, les ministres malveillants, les fonctionnaires tatillons, les autorités sanitaires suspicieuses, les souris mortes, les algues tueuses, son corps lui impose.

Aujourd'hui pourtant, il s'est lancé dans la création d'une marque, d'une huître qualitative. Il parle de goût, de terroir, utilise le vocabulaire de la dégustation du vin quand il décrit sa production. Son produit a reçu deux médailles d'or. C'est l'huître "papillon". En hommage à son père qui, plaçant deux coquilles d'huître ensemble disait : regardez, voici les "huîtres papillon".

Bravo et merci pour votre passion d'entrepreneur Marc.

Tag(s) : #Entreprise